Le participe passé employé comme adjectif

Comme n’importe quel adjectif, le participe passé utilisé sans auxiliaire s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

* Les lettres reçues
* La rumeur répandue

Il s’accorde également en fonction d’attribut du sujet :

* Elle semble étonnée.

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire « être »

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire « être » s’accorde avec le sujet.

* Ils sont partis.
* Elle est venue.

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire « avoir »

Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD, si celui-ci précède.

* Nos enquêtes ont échoué.
* J’ai reçu des lettres.
* Les lettres que j’ai reçues.
* Merci pour tes lettres. Je les ai bien reçues.

Le participe passé des verbes pronominaux

La plupart des verbes pronominaux suivent la règle d’accord des participes employés avec l’auxiliaire avoir. Cependant les règles changent lorsque le verbe est dit essentiellement pronominal (un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui n’existe qu’à la forme pronominale). Le participe passé de ces verbes s’accorde avec le sujet.

* Ils se sont enfuis.

Cette règle s’applique aussi dans le cas des verbes pronominaux subjectifs ou autonomes (souvent qualifiés de verbes essentiellement pronominaux) : ce sont des verbes dont la forme pronominale n’a pas le même sens que la forme non pronominale :

* Ils se sont aperçus de cette faute.

Exception.

Quoique essentiellement pronominal, le verbe s’arroger s’accorde avec le complément d’objet direct si celui-ci est placé avant le verbe :

* Les droits que la direction s’est arrogés.

Le verbe s’entre-nuire également essentiellement pronominal possède un participe passé invariable :

* Ils se sont entre-nui

Exemples de verbes essentiellement pronominaux:  se souvenir; s’abstenir; s’enfuir.
Verbes subjectifs ou autonomes : s’apercevoir; se recueillir; s’échapper.

Cas des autres verbes pronominaux (ou accidentellement pronominaux)

Dans le cas des autres verbes pronominaux, qui existent sous les deux formes, le participe passé s’accorde avec le COD si celui-ci précède.

* Elles se sont envoyé des cadeaux.
* Les cadeaux, elles se les sont envoyés.
* Les cadeaux qu’elles se sont envoyés.
* Elle s’est permis de répliquer.
* Je n’aime pas les familiarités qu’ils se sont permises.

Il faut se demander si le pronom précédant le verbe pronominal est COD ou non :

* Ils se sont lavés.

On lave quelque chose. Se est COD : on fait l’accord.

* Ils se sont plu.

On dit plaire à quelqu’un. se est donc COI. On ne fait pas l’accord.

* Les hommes qui se sont succédé se sont souvent haïs.

On succède à quelqu’un mais on hait quelqu’un.

Cas des verbes pronominaux de sens passif.

Enfin, dans le cas où la forme pronominale remplace une forme passive, la règle veut que le participe passé s’accorde avec le sujet :

* Cette règle s’est appliquée de tout temps.
* Cette ville ne s’est pas construite en un jour.

Le participe passé est suivi d’ un infinitif.

En principe, lorsqu’un participe passé est placé devant un infinitif, pour qu’il y ait accord, il faut :

1. Que le COD soit placé avant le participe passé,
2. Et que le COD soit le sujet de l’action de l’infinitif :

* J’ai vu ces oiseaux voler.

La condition 1 n’est pas remplie. Il n’y a pas d’accord.

* Ces oiseaux, je les ai vus voler.
* Ces oiseaux que j’ai vus voler.

Dans ces deux exemples, la condition 1 est remplie. On se demande alors qui est le sujet de l’action voler. Il s’agit des oiseaux, il y a donc accord. mais

* Les fruits que j’ai vu cueillir.

Ici, la condition 1 est remplie, mais pas la 2 puisque les fruits n’est pas le sujet véritable de l’action cueillir.

Exception

1. Le participe passé du verbe faire est toujours invariable lorsqu’il est placé devant un infinitif :
* Ma robe, je l’ai fait nettoyer.
2. Depuis le Journal Officiel de 6 décembre 1990, le participe passé du verbe laisser suivi d’un infinitif est invariable ; cependant une tolérance existe sur l’application ou non de l’accord.

Le participe passé est précédé de « en ».

Si en est COD, le participe passé reste invariable.

* J’en ai reçu des réponses. (le COD est « des réponses », et ne précède pas).
* J’ai écrit à Londres ; voici les réponses que j’en ai reçues.(car que, représentant les réponses, est ici complément direct et précède le participe. Le pronom en remplace « de Londres » et a donc valeur de complément de lieu.

* Des réponses, j’en ai reçu.
* Des réponses, j’en ai reçues.

Dans ces deux cas, en est bien le seul COD de la phrase, puisque Des réponses est mis en apposition. Les deux formes sont alors admises, selon qu’on considère que en représente les réponses dans leur ensemble (j’ai reçu un ensemble de réponses), auquel cas on ne fait pas l’accord ; ou bien des réponses dans leur pluralité (J’ai reçu plusieurs réponses), auquel cas on fait l’accord.

Autres exceptions

1. On n’accorde pas les participes passés lorsqu’ils sont précédés d’un complément de durée, de mesure ou de prix, qui ne sont pas des COD. C’est le cas avec des verbes tels que coûter, durer, mesurer, peser, régner, valoir, vivre, etc.
* Les vingt ans qu’ils ont vécu ensemble. (= ils ont vécu ensemble pendant vingt années)
* Les déboires qu’ils ont vécus ensemble.

Ici en effet, le complément n’a plus de sens de durée.

2. Les participes passés des verbes semi-auxilaires, comme devoir, pouvoir, vouloir, etc., ainsi que ceux des verbes utilisés pour exprimer une opinion (dire, affirmer, croire, penser, etc.) sont invariables lorsqu’ils sont suivis d’un infinitif sous-entendu :
* J’ai pris toutes les précautions que j’ai pu.

On sous-entend ici que j’ai pu prendre. que n’est donc pas COD de pouvoir, mais de l’infinitif.

3. Le participe passé des verbes impersonnels, conjugué avec l’auxiliaire avoir, est toujours invariable :
* Tous les efforts qu’il a fallu, en vain.

4. Les participes passés utilisés comme prépositions restent invariables. (Cas de ci-joint, étant donné, etc.)
* Étant donné la conjoncture, …
* Ci-joint une lettre qui vous donnera mes raisons.

MAIS

* La lettre ci-jointe vous donnera mes raisons.

Car dans ce cas le participe est employé comme adjectif.

Méthode simplifiée

Cette technique fonctionne dans la plupart des cas : lire la phrase dans l’ordre et s’arrêter au participe passé. À cet instant, si l’on sait de quoi on parle, on accorde. Exemples :

* Les pommes que j’ai mangées… → Quand on prononce « mangées », on sait qu’on parle des pommes ⇒ on accorde
* Jenny a acheté… → En lisant « acheté », on ne sait pas encore de quoi on parle ⇒ on n’accorde pas.


Source: Wikipedia

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